Témoignage d’une personne enfermée à la MA de Lille-Sequedin

Nous avons été alerté des conditions de détention récente suivantes à la maison d’arrêt de Sequedin.


Pression psychologique permanente
Nuisances sonores quotidiennes, nocturnes, des surveillants: coups sur la porte, porte d’entrée claquée, œilletons (forts) claqués, voix hautes entre deux surveillants, au moins une fois en pleine nuit, ou très tôt le matin.

Surpopulation
Cela concerne le bâtiment A (nous n’avons pas d’infos sur les autres): 4 à 6 matelas par cellules (dont un lit superposé et 4 matelas au sol), des rats se baladent dehors le soir et par moment en journée.

Insalubrité
Dans diverses cellules: fenêtres rouillées souvent repeintes pour cacher la misère; joints fenêtre HS + vis absente; Joints d’origine de la vitre HS: l’eau comme l’air passent à flot; Pommeaux de douche entartrés, nécessité d’intervenir soi-même avec un système de vinaigre et d’aiguille;  Écoulement bouchés dans les douches, les détenues écopent et vident l’eau au ramasse poussière dans les WC; Moisissure des joints de lavabo dans les douches et les WC; Armoires sans étagères, les vêtements doivent être placés dans des sacs; Lits rouillés, matelas durs avec «culs de poule» (trous dans les matelas nécessitants des affaires pour rembourrer et combler); Peintures murs, sols, douches écaillées et enlevées.

Repas
Petites quantités, viandes de bœuf ou porc dures, crêpes au fromage collées (parfois quatre en une) frites sèches et trop cuites, entre 7 et 10 yaourts par semaine. Pour rappel, les denrées alimentaires, approvisionnées par un système de bons de cantine, coûtent plus chères qu’à l’extérieur, et sont de marque Top Budget.

Paysage
Description de la vue d’une fenêtre de cellule en MA Sequedin : Vision d’une infime partie du ciel, derrière un double vitrage, 6 barreaux fixées à une barre plate en guise de grille, caillebotis (grille de protection en plus des barreaux) en forme de losange. Les éléments visibles à l’extérieur sont une plateforme de béton, deux grillages, un mur et un bac en acier.


Exercer ses droits en prison, dénoncer et communiquer ses conditions de détention demeurent une prise de risque pour les personnes enfermées (voir l’affaire de Moben, sa remise en quartier d’isolement suite à la parution de son livre Mange Ta Peine, communiqué des éditions du bout de la Ville), leurs témoignages sont donc donc d’autant plus précieux que
rares. Pour lire d’autres témoignages, consultez l’Envolée ainsi que la section ressources du site.


Collectif l’Arrache
l_arrache@riseup.net
lilleantitaule.noblogs.org
Janvier 2026